Le Un Ensemble revient à la Manufacture cette saison, et, une fois encore, invite d’autres artistes à jouer au cours de cette soirée consacrée à la musique actuelle et expérimentale. La soirée sera ponctuée par les partitions performatives crées pendant le premier module de SOTA, Plateforme expérimentale chorégraphique initiée par Dina Khuseyn .
 
Noise Poetry (Bordeaux)
 
Improvisation sur batterie horizontale, contrebasse, caisse claire et cymbales. Noise Poetry est un subtil “synthétiseur" acoustique dont les filtres et autres oscillateurs sont simplement faits de cymbales, cordes, peaux, développant une musique faites de fréquences, granulaires, battements…
Le trio est issu du Un Ensemble.
Didier Lasserre : batterie
David Chiesa : contrebasse
Mathias Pontévia : batterie horizontale
 
Insub Meta Orchestra (Genêve, Suisse)
Cyril Bondi : harmonium indien, d'incise : electronics, Antoine Läng : voix, Raphaël Ortis : electronics, Ivan Verda : electronics, Violeta Motta : flûtes, Bruno Crochet : electronics,  Christophe Berthet : sax, Karen Jebane : voix, boîte à bourdons, Alexis Degrenier : vielle à roue, Anna-Kaisa Meklin : viole de gambe, Béatrice Graf : percussions, Eric Ruffing : electronics, Gérald Perera : contrebasse, Hans Koch : clarinette, Lu Danzeisen : electroncs, Sandra Weiss : basson, Yann Leguay : electronics, Vinz Vonlanthen : guitare, Anouck Genthon : violon
 
L’Insub Meta orchestra (IMO) est un grand ensemble réuni autour d’une pratique expérimentale et électroacoustique. Né des questionnements sur l’improvisation en large groupe, l’IMO a construit avec le temps un fort bagage collectif et typique ou le geste individuelle se confond dans la production d’états sonores globaux. Des matières subtiles émergent ainsi et dialoguent avec le silence. Les notions d’improvisation ou de compostions se confondent dans une recherche perpétuelle d’un développement spécifique au contexte propre de cet orchestre.
insub.org/orchestra/
 
Le UN Ensemble (Bordeaux)
Cet orchestre composé de 26 musiciens présente Ville Sauvage de Jean-Yves Bosseur et Benjamin Bondonneau, une composition en écho aux topophonies urbaines de la ville de Bordeaux et ses alentours.
Durant l’été chaque musicien a interprété un solo en ville, dans le lieu de son choix. Pour la soirée UPPERCUT, les 26 musiciens interprètent simultanément ces mêmes partitions, agencées afin de constituer une pièce pour orchestre témoignant à la fois des particularités acoustiques propres à chaque situation et des interactions qui s’y sont produites.
 

La Tène (Genêve, Suisse)
 
La Tène collecte, écoute et sonde les mélodies et motifs populaires de territoires étendus, des montagnes et plaines des Alpes, du Jura jusqu’aux monts d’Auvergne, et de s’apercevoir de leurs rapports, leurs modifications dans l’espace et la durée. La musique traditionnelle est prise là comme un élément de composition à part entière, pour être décortiquée et contée autrement. Le parti pris chez La Tène n’est pas d’arranger ou réinventer une musique toujours vivante et en mouvement, mais de représenter autrement les motifs et les cadences en les tissant à la répétition et aux sons continus, l’électronique et la frénésie jusqu’à épuisement.
Alexis Degrenier : vielle-à-roue
D’incise : harmonium, électroniques
Cyril Bondi : percussions
soundcloud.com/la-tene
 
Jean Yves Bosseur
 
En tant que compositeur, je me considère comme un voyageur, rêvant d’entrecroisements de mondes, sonores ou autres, jugés inconciliables; surtout pas sous forme de synthèse, mais en laissant aux chocs ainsi provoqués la chance de dynamiter les catégories et conventions admises. Je ne voudrais pas me situer à tout prix par la négative, mais je crois ressentir une particulière aversion pour l’uniforme, la doctrine, la soumission inconditionnelle à un ordre pré-existant; c’est sans aucun doute pourquoi je me prononcerais si volontiers en faveur du nomadisme, qui implique mouvement, risque et ouverture. Je souhaite en effet rester à l’affût de toute surprise, de tout indice susceptible de me conduire dans un autre lieu que celui que j’aurais pu ou dû prévoir. En ce sens, je dois avoir le tempérament d’un amateur, de quelqu’un qui, selon la formule consacrée, « n’a pas de suite dans les idées », si l’on entend par là, la quête résolue d’une cohérence régulatrice, d’une unification forcée. Il est vrai que j’aime la discontinuité, une forme de complexité qui reste ouverte, que l’on puisse vivre sans chercher à la contrôler, où l’on se perde, un type de situation capable de croître d’elle-même, en équilibre instable, qui résiste à toute tentative de justification par des méthodes déductives, un réseau de relations prétendument logiques de causes et d’effets. Dans cette acception, la musique interfère sans cesse avec ma vie quotidienne (et inversement), selon toutes sortes de degrés d’intensité, de prégnance. Et je m’efforce seulement d’éprouver d’aussi près que possible les tensions qui en résultent, non de les résorber.
Le travail sur le matériau sonore me paraît devoir être porté par un processus de pensée qui lui accorde un sens spécifique, une nécessité. Composer, ce n’est pas forcément, à mon sens, chercher à affirmer un pouvoir, refermer une forme, protéger son identité de créateur, résoudre quelque problème que ce soit, à grand renfort de systèmes d’écriture ou de moyens technologiques. Je concevrais plutôt l’acte de composition dans un sens interrogatif et expansif, mais sans que celui qui en est à l’origine prétende en cerner toutes les implications. Chaque étape d’une telle démarche n’est jamais que transitoire, appelle tours et détours; tout sentiment de progression linéaire, pour soi-même comme pour autrui, n’est en définitive qu’une illusion simplificatrice. Il nous faut accepter de vagabonder tout au long du chemin le plus tortueux et le plus difficilement prévisible qui soit, sans carte pour nous guider.
Toute expérience de composition m’apparaît comme un processus d’échange qui me propulse hors de ce que je connais pour m’attirer vers d’autres individus, d’autres sons, d’autres épreuves. Processus implique dynamisme; ce mouvement, dont les conditions de manifestation sont particulières à chaque projet, je n’ai nullement l’ambition ni le désir d’en évaluer a priori les chances de « profit » personnel ou les dangers; il m’ébranle et me pousse en avant et c’est là tout ce que je souhaite.
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Benjamin Bondonneau
 
Commence la clarinette à 9 ans à l’ENM de Sarlat, et suit un enseignement classique pendant une dizaine d’années auprès de G. Derex, F. Gouguet et R. Blewett (nombreux concerts et auditions, participations à plusieurs orchestres régionaux tels des harmonies municipales, orchestre philharmonique du Périgord Noir, Big Band…).
 
Il rencontre également ses premières sensations liées à l’improvisation libre auprès d’André-Marc Delcourt et Georges Petit ; parallèlement il s’investit vivement dans les arts plastiques en visitant très régulièrement musées et expositions et en pratiquant beaucoup l’atelier.
 
Joue par la suite au sein de nombreuses formations de rock, puis de jazz et free-jazz (avec notamment Didier Lasserre, David Chiesa, Frédéric Blondy…) à Bordeaux où il entreprend ses études à l’école des Beaux Arts. Il y obtiendra le DNAP et le DNSEP avec comme directeur de recherche Francis Bugarin.
 
Le travail d’art plastique est engagé dans la peinture (marquée par les travaux de Supports Surfaces, Richard Tuttle, Yves Rénier…) et reste parallèle à l’activité musicale. A cette période, Il expose assez régulièrement ses premières séries (Cailloux, Piquets, Limules…) en Gironde et en Dordogne.
 
Il s’engage également plus avant dans l’improvisation libre suite à des rencontres marquantes en 1998 avec Michel Doneda, Ly Than Tien, Lê Quan Ninh et François Rossé.
 
Sorti des Beaux arts, il enseigne les arts plastiques durant plusieurs années au sein de divers ateliers bordelais et cofonde le Centre d’Improvisation Libre en participant à l’organisation de nombreux concerts. La rencontre déterminante avec certains musiciens (Fabrice Charles, Daunik Lazro, Benat Achiary…) fonde leur future collaboration.
 
De retour en Dordogne en 2004, il s’oriente sur des projets autour du paysage sonore, portés par l’association Le Châtaignier Bleu. Il trouve ainsi l'occasion de croiser ses deux pratiques artistiques, nourries notamment par les ouvrages du compositeur Jean-Yves Bosseur sur les liens sensibles et historiques entre le son et les arts plastiques.
 
La question du paysage introduit des notions géographiques dans sa production picturale (cartographie, paysage, frontière…).
 
Tout en étant soliste dans la Fanfare de la Touffe de 2006 à 2011, il initie des projets qui multiplient les approches artistiques (improvisation musicale, documentaire radiophonique, poésie, peinture, cinéma) de paysages singuliers. Plusieurs supports (CD ou livres-disques) sont ainsi édités : Dordogne (avec Fabrice Charles et Sébastien Cirotteau), Le peuple des falaises (avec le Quatuor Cassini et Benat Achiary), l’Arbre Ouvert (avec Daunik Lazro), Géographie Utopique (avec le Quatuor Cassini, Benat Achiary, Jean-Yves Bosseur et Sébastion Betbeder).
 
Il joue dans de nombreux clubs et festivals français et européens (Bordeaux Jazz Festival, NPAI Parthenay, Pannonica Nantes, Musiques de rue Besançon, Penn Ar Jazz Brest, AJMI Avignon, A l’Improviste France Musique, R de chocs Paris…) au sein de différentes formations. Tout en continuant à produire et à montrer ses travaux plastiques (expositions individuelles et collectives), il est régulièrement sollicité pour des résidences de création (OARA, GMEA, Ondes de Chocs...).
 
En 2012, son travail s'oriente vers une collaboration plus étroite avec Jean-Yves Bosseur avec lequel il créé un livre partition (Wagging Dance) et il coréalise, avec Sébastien Cirotteau et Benjamin Maumus, l’installation sonore La Ruche à sons.
 
Enfin, avec Michel Doneda et Maurice Benhamou, il conduit un projet autour du peintre Jean Degottex intitulé Ni avant, ni après, tout en faisant.
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