L'enthousiasme et la curiosité suscités lors des éditions précédentes ne pouvaient que nous inciter à réfléchir à une 3ème édition. L’Invisible revient donc et pose son regard sur le cinéma en accordant un intérêt particulier au fil qui le relie à la musique et au sonore.
Pour celles et ceux qui n’ont pas encore croisé L’Invisible : il s’agit d’une proposition de films rares, singuliers, venus d’ailleurs — des œuvres que l’on ne voit ni à la télévision, ni dans les circuits habituels des salles de cinéma. Des films qui explorent le réel, mais pas seulement. Documentaires, formes hybrides, récits de vies individuelles ou collectives, gestes ethnographiques, détours par la fiction ou la science-fiction… Ici, le cinéma se pense comme un terrain d’expérimentation.
Cette troisième édition accorde une attention particulière à la place du son et de la musique : bandes-son comme matières vivantes, voix, silences, paysages sonores, partitions expérimentales ou présences musicales qui dialoguent avec l’image. Le film devient alors un espace d’écoute autant que de regard, où le sonore participe pleinement à l’écriture cinématographique.
Et comme toujours, l’entrée est libre. Aucun risque à venir passer un moment avec nous. Si les films vous touchent, si vous souhaitez que l’aventure continue, ou simplement soutenir ce type de propositions artistiques, une boîte à participation sera à disposition. Elle permettra de couvrir les frais et de rémunérer les auteur·ices, cinéastes et musicien·nes, afin que ces formes invisibles puissent continuer à exister et à circuler.
L’Invisible, c’est une invitation à voir autrement — et à écouter aussi.
PROGRAMME DÉTAILLÉ DES FILMS EN CLIQUANT SUR L'IMAGE OU + D'INFOS
VENDREDI 6 MARS
OUVERTURE DES PORTES : 19H
DÉBUT DES PROJECTIONS : 19H30
Antoine, jeune philosophe-géographe, arpente Marseille en suivant les trajectoires des petits fleuves-côtiers engloutis par le béton. Jackie dessine un chemin dans les songes. Depuis le premier confinement, elle brode chaque jour ses rêves nocturnes à la machine à coudre. Le soir, déguisée, elle ouvre le bal au karaoké boîte de nuit Sing or Die.
Traversé par la puissance subversive des rêves, nourri par la pensée écoféministe, le film explore les porosités entre rivières et berges, conscient et inconscient, imaginaire et réel. Dans sa forme même, il trouble les genres et propose des enchevêtrements singuliers entre ces espaces que la culture dominante a sans cesse cloisonné.+ d'infos
20H20 : Entracte
REPRISE DE LA PROJECTION : 21H30
À bord d’une Citroën de luxe, deux passionnés de la langue, le musicien René Lussier et son ingénieur du son, Claude Beaugrand, partent à la conquête de la magie des contes populaires du Québec. Chemin faisant, ils empruntent les pistes du patrimoine socio-linguistique québécois.
Road-movie calqué sur l’œuvre musicale de René Lussier, Le trésor archange est un film sur l’histoire du français en Amérique: métissage, massacres des amérindiens, mesures de guerre, transmission des chants et des paroles des gens ordinaires, voilà tant de faits marquants qui parsèment cette véritable fable sur l’autonomie du Québec.
Hommage à la langue populaire, il en résulte une réelle aventure sonore, musicale et visuelle. + d'infos
FIN DE SOIRÉE
On se retrouve demain !
SAMEDI 7 MARS
OUVERTURE DES PORTES : 16H
DÉBUT DES PROJECTIONS : 16H30
"Ce film de quatre minutes examine nos réactions aux stéréotypes – sonores, visuels et idéologiques. Smith signale ces stéréotypes au spectateur par un système principalement basé sur l’association, qui manipule adroitement le chemin tout tracé de nos attentes. La structure du film est incroyablement simple et plus subtile qu’il n’y paraît. Nous naviguons d’un stéréotype concret à son exact opposé tandis que les images se transforment et se juxtaposent pour finalement inverser l’interprétation de ce que nous voyons et entendons." + d'infos
(Gary Davis, John Smith: Film & Video Works, 2002)
"Un film opéra sans commentaire tout à la célébration de la fabrication de l'acier et des hauts-fourneaux. Il donne des aciéries une vision à la fois grandiose et dantesque et en fait un hymne au travail et à la maîtrise des hommes. Storck filme cet enfer industriel comme une chorégraphie pour titan. On sent dans chaque plan une tension, une attention: la moindre négligence peut amener une catastrophe. La construction joue sur l'opposition de couleur et de travail entre les ateliers, rougeoyants, immenses, effrayants, et les salles de contrôle, laboratoires froids, bleutés réservés aux ingénieurs.
Le travail est présenté comme un cérémonial avec ses gestes et le déroulement implacable de son accomplissement : les ouvriers revêtent leur cuirasse de guerriers du feu, l'acier en fusion bouillonne dans des fours infernaux, les machines à façonner, dompter, laminer se mettent en marche. Tout le processus de la production est dramatisé, le descriptif d'une production devient celui d'une lune et d'une victoire." + d'infos
(Fonds Henri Storck)
Méandre(s)
Camille Auburtin
France / 2022/ 28 min. / HD et 16mm / N&B / Documentaire
Suivi d'un échange avec la réalisatrice
Musicien.nes, performeur.euses, cinéastes et chercheur.euses embarquent dans une aventure à fleur d’eau, de sonorités et d’humanité sur la Dordogne et ses méandres non loin des mythiques Eyzies. Lignes d’erres sonores, musicales, visuelles entre invitation au voyage et quête des origines. + d'infos
17H30 : Entracte
REPRISE DES PROJECTIONS : 18H
"Je sentais le désir absolu de faire ce truc pour ne pas trop sombrer" : "ce truc", un film conçu et dirigé par un homme dans sa chambre d’hôpital.
Des murs blancs pour horizon, des tuyaux verts qui le lient à la vie, lui cloué dans ses draps, soumis à ce monde médical hiérarchisé. Le silence engendre le vide mais aussi les pensées, les images. La voix féminine transmet les mots qu’il ne peut prononcer. L’œil de la pendule est cerclé de rouge : violence du désir. + d'infos
Barail
Denis Cointe
France / 2022 / 52 min. / Couleur / Documentaire
Suivi d'un échange avec le réalisateur
Au sein de la Maison d’Accueil Spécialisée Le Barail, un jardin offre désormais un paysage à ses habitants. Dans cet enclos protecteur, dans la lenteur, les parfums, les lumières, ils écoutent les bruits du monde. Ils sont avec leur corps comme un grand récepteur.
Barail est une expérience sensible, en dehors du langage, une rencontre avec des femmes et des hommes éloignés de nos regards.+ d'infos
19H30 : Entracte - Restauration
REPRISE DES PROJECTIONS : 21H
Un documentaire sur le musicien Fred Frith, né en 1949 en Angleterre, avant-gardiste issu de la musique pop, toujours à la recherche de nouveaux sons, de nouvelles musiques qui transgressent les frontières et les classifications. Dans ce film, deux formes d’expression artistique, musique improvisée et cinéma direct, s’entrecroisent. Les réalisateurs ont filmé Fred Frith, ses collaborateurs et ses amis à Londres, à New-York, à Leipzig et au Japon.+ d'infos
22H30 : Entracte
REPRISE : 23H
Concert-projection
Lise Barkas : vieille à roue / Etienne Caire : films 16mm / David Chiesa : contrebasse
France / 2026 / 45 min. / N&B et couleur / Expérimental
Le matériau produit en laboratoire est remis en jeu dans un travail d’improvisation intégrant tous les paramètres de projection. À l’aide de projecteurs préparés, Etienne Caire fait varier la vitesse de défilement du film, la taille de l’image, la forme du cadre, l’intensité lumineuse, les superpositions… pour faire naître une. Et, dans le noir battement des obturateurs les choses font irruptions, fantomatiques, comme des îles qui n'ont pas encore reçu leur nom. + d'infos
FIN DE SOIRÉE
On se retrouve demain !
DIMANCHE 8 MARS
14h : Café Chez Simone
Paroles de femmes • Lecture de textes par Claude Fosse
OUVERTURE DES PORTES : 15H30
DÉBUT DE LA PROJECTION : 16H
S.C.U.M. Manifesto
Les Insoumuses - Delphine Seyrig et Carole Roussopoulos
France/ 1976 / 27 min. / N&B / Documentaire
Delphine Seyrig, livre en main, fait face à la réalisatrice Carole Roussopolous qui tape le texte sur une machine à écrire. Lecture mise en scène du livre de Valerie Solanas, alors introuvable en France, par deux scribes modernes qui savent trier aussi bien dans les textes que dans les flux audiovisuels. Rage féminine contre violence masculine, tout le monde perd sauf l’histoire de la vidéo qui y gagne un pamphlet irrésistible.+ d'infos
Miso et Maso vont en bateau
Les Insoumuses rassemblant Nadja Ringart, Carole Roussopoulos, Delphine Seyrig et Ioana Wieder
France / 1976 / 55 min. / N&B
Le film est une réponse féministe à l'émission présentée par Bernard Pivot le 30 décembre 1975 sur Antenne 2 intitulée "Encore un jour et l'année de la femme, ouf ! C'est fini". Dans cette émission, Françoise Giroud, alors secrétaire d’État chargée de la condition féminine du gouvernement Giscard, est invitée à commenter une vaste sélection de déclarations misogynes prononcées par des figures publiques françaises. + d'infos
17H15 : Entracte
17H30 : REPRISE DE LA PROJECTION
Paris, été 1960. Michel doit bientôt partir en Algérie pour le service militaire. En attendant, il est machiniste à la télévision et fait la connaissance de Liliane et Juliette, deux amies inséparables comme des amandes « philippines ». Michel songe à ses derniers jours de liberté, quitte son travail et part en vacances sur les routes de Corse où les deux filles décident de le rejoindre. + d'infos
19h30 : FIN
À l'année prochaine !
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